E=m*c².

Le cosmos, l’univers qui nous entoure et qui nous baigne, puisque nous en faisons partie, est un océan d’énergie.
Énergie non manifestée, c’est le E de l’équation d’Einstein, ou matérialisée, c’est le m de cette même équation.
Fond diffus cosmologique © 2013 ESA/Plank CollaborationLa nouvelle physique, qui trouve son origine dans la pensée quantique et la théorie de la relativité, nous parle d’un «champ de force primordial», un domaine unifié où circule une énergie pure, un tout organique.
Vibrant sans fin, ce champ est traversé d’un courant de fond, d’un élan créateur fondamental duquel tout être émerge et dans lequel il s’immerge. Cette onde, créatrice puis destructrice sans fin, dans une spirale expansive, suit des principes fondamentaux (les 4 interactions : nucléaire faible et forte, électromagnétique et gravitation) pour en tirer des atomes, et des galaxies.
Et tout un tas de trucs entre les deux.
Elle fait émerger des formes de plus en plus complexes, de plus en plus conscientes.

Ordo ab chao.
L’ordre issu du chaos. Outre le fait que ces trois mots latins forment la devise de quelques groupements plus ou moins éclairés, voire illuminés, il s’agit d’une vérité première. Quelque chose que tout le monde peut vérifier, dès son enfance, notamment lorsque surgit le fameux «Va ranger ta chambre !».

C’est le domaine de la métaphysique qui étudie un sujet dans sa globalité, et qui cherche d’où, pourquoi et comment cette force primordiale tire les information lui permettant de créer de l’ordre, de bâtir notre maison, l’Univers.
Ce champ énergétique cosmique est un champ de signification ; de conscience universelle. Il est harmonieux, organisé, intelligent. Mystérieux mais intelligible, compréhensible.
L’organisation du cosmos repose sur l’information : c’est elle qui donne  un sens à l’énergie et c’est elle qui permet l’ascension de la matière vers la plus grande complexité. Les champs nucléaire, électromagnétique et gravitationnel doivent être vus comme des champs d’information : les ondes qui circulent dans ce «champ de force informatif primordial» la transportent et la transmettent.

Le savant doit ordonner ; on fait la Science avec des faits comme une maison avec des pierres ;
mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison.
Henri Poincaré



La force fait l’union.
Le cosmos constitue un tout organique ininterrompu. Nous avons beau être des Êtres individualisés, nous appartenons à cette entité. Le cosmos ne cesse de créer des assemblages, de plus en plus complexes, de plus en plus évolués. Mais toutes les parties sont liées les unes aux autres. Il n’y a pas de partie isolée. Chaque partie n’existe que parce que les autres existent.

«Il y a une telle transparence universelle que chaque partie du grand tout cosmique ressemble à un prisme, dans lequel se reflètent les autres parties et le tout lui-même.

Ainsi, le cosmos apparaît non seulement comme un vaste système de présences mutuelles entre les éléments et les entités, mais également comme l’omniprésence du tout à chacune de ses parties.

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Cet univers est une structure qui relie toutes choses, un champ unifié dans lequel baignent toutes réalités, un réseau d’interactions, un hologramme où chaque partie est dans le tout et le tout en chaque partie.» (Jean Proulx).

Il y a, partout dans l’univers, les traces d’une profonde «volonté» d’association.

Les mystiques rejoignent la réflexion : Cette «volonté» ou cette «intention», serait-elle le fait d’une unique superforce, créatrice de tout ? Y aurait-il une seule superénergie traversant l’univers et liant toutes choses ? Y aurait-il un seul champ de force fondamental créant une unique chorégraphie cosmique ? Comment peut-on la nommer ?

 

 

Cet article est basé sur un texte de Jean Proulx "Retrouver la dimension cosmologique de la théologie chrétienne" in Revue Théologiques vol.9/1 (2001) p.49-70